The little morning / Le petit matin (R. Gary)

Right before the day is dawning
When the spider is still weaving
The black silken web of its flag
Here comes the whole inventory
Of our worldly gallery
The street woke up without a lag

We’ve been hoping for the Big Night,
Goodnight!
Its ours
To invent the little morning
Charming
Not the least spurious

Our revolution blossoms
And the friends coming from Lisbon
Have carnations on their lapels
From Prague arrive the primroses
Vacant lot of common causes
Others are holding hollyhocks

We’ve been hoping for the Big Night,
Goodnight!
Its ours
To invent the little morning
Charming
Not the least spurious

There is no soldier, no army
We hold kings heads as enemies
With no mean intention at all!
There are easy intifadas
Throwing pebbles at armadas
And some rules over market halls

We’ve been hoping for the Big Night,
Goodnight!
Its ours
To invent the little morning
Charming
Not the least spurious

Memories of old strategists
Are hovering over our lists
For us to begin all anew
And helped by these references
Let’s build barricades and fences,
Bastille Day on 5th avenue!

We are humans of various lores
We’re breaking walls and breaking doors
We do not have watchwords. Our shouts
And slogans are unique pieces
If there’s a point that one misses
They’ll still get their share of the loot

We’ve been hoping for the Big Night,
Goodnight!
Its ours
To invent the little morning
Charming
Not the least spurious

Under the cobblestones, the trend
Is again about finding sand
That’s not used for building castles
In honour of democracies
We sing the time of wild cherries
Let them be red as blood vessels

We’ve been hoping for the Big Night,
Goodnight!
Its ours
To invent the little morning
Charming
Not the least spurious

In the street there’s a bright day now
Hello!…


A l’heure où juste avant l’aurore
L’araignée de nuit tisse encore
La toile noire de son drapeau
Voilà que passe l’inventaire
De la galerie de la terre
La rue s’est réveillée très tôt

On a espéré le grand soir
Bonsoir!
À nous
D’inventer le petit matin
Mutin
Pas chagrin du tout

Notre révolution boutonne
Et ceux qui viennent de Lisbonne
Ont des œillets aux boutonnières
Y’a les primevères de Prague
Notre terrain d’entente est vague
Des poings serrent des roses trémières

On a espéré le grand soir
Bonsoir!
À nous
D’inventer le petit matin
Mutin
Pas chagrin du tout

Y’a pas de soldat, pas de troupe
Y’a des têtes de roi qu’on coupe
Sans aucune méchanceté
Y’a plein d’intifadas faciles
Des cailloux contre des fossiles
Des lois par-dessus le marché

On a espéré le grand soir
Bonsoir!
À nous
D’inventer le petit matin
Mutin
Pas chagrin du tout

Les souvenirs de vieux stratèges
Viennent hanter notre cortège
Y’a Proudhon, Jaurès, et Babeuf
Et c’est avec ces références
Que l’on fera de préférence
Mille sept cent quatre-vingt tout neuf

Nous sommes humains de toutes sortes
On casse des murs et des portes
Y’a pas de mot d’ordre, les cris
Les slogans, c’est des pièces uniques
Mais ça n’empêche qu’on revendique
Tout ce que l’autre aura aussi

On a espéré le grand soir, Bonsoir!
À nous
D’inventer le petit matin, mutin
Pas chagrin du tout

Sous les pavés, c’est formidable
Il y a de nouveau du sable
Dont on ne fait pas les châteaux
Comme tout se démocratise
On chante le temps des merises
Qui suffiraient sur nos gâteaux

On a espéré le grand soir,
Bonsoir!
À nous
D’inventer le petit matin,
Mutin
Pas chagrin du tout

Dans la rue, ça y est c’est grand jour
Bonjour!

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