Chalonnes home-coming / Retour à Chalonnes (J. Bertin)

All the villages stood along like stranded pearls
On the soft river at my throat so perfectly
I can tell that this is my place, all calls me back
The ground slowly sinking down in one’s heart, truly,
Here truly, the old sentiments, they bring me back,
Blossoming trees, daisy crowns, linens on the line,
Garland laid upon bas-reliefs adrift from time
Here finally is my place and forevermore

Even
If I’m searching for you here
Just as infinitely
There’s something here loving me
Offering peace

I knew I had to travel far away to learn
The geometry of these roads etched in my palm
Absolve some horizons also, and let them go,
Bury names deep into the ground, clouds far away
Open to new lies and a cozy place to hang
Watch through the window many houses marching by
Without forgetting a thing. Here I think I hear
The welling up of groundwater carrying songs.

And even
If I’m searching for you here
Just as infinitely
There’s something here loving me
Offering peace

The very slow work of sand of these words torments
My table, the river; this mirror for drowned souls.
We’re alone, here it’s you and me, my patient wound.
It’s here that the side-stitch finally wants to bleed.
Then this wisp blowing on the hills, on your temple,
This wisp as if a golden hair in summer nights,
Then the twilight in which you come through white grass-blades
And sit down, then, as if the nightfall were your hip,
As if you were about to come..
All that’s swaying..
Then, if you would come,
Holding a lantern,
And if you loved me…
how slowly
Begins,
here,
the dreamed life.


Tous les villages disposés comme des perles
Sur la Loire douce à mon cou parfaitement
Je sens bien qu’ici est mon lieu, tout me rappelle
Affaissement de terrain dans le cœur vraiment
Vraiment ici, sentiments vieux, tout me ramène,
Arbres en fleurs, tête fleurie, linge séchant,
Guirlandes sur le bas-relief disjoint du temps,
Ici enfin est mon lieu et désormais même

Même
Si je te cherche ici, même
Aussi infiniment,
Quelque chose ici m’aime
Et me déprend

Je sais bien qu’il fallait partir loin pour comprendre
La géométrie de ces routes dans ma main
Absoudre aussi les horizons, faire des cendres,
Enfouir des noms dans le sol des nuages loin
Courir le mensonge et aller se faire pendre
Voir dans la vitre défiler trop de maisons
Et ne rien oublier. Ici je crois entendre
Sourdre la nappe phréatique des chansons

Et même
Si je te cherche ici, même
Aussi infiniment
Quelque chose ici m’aime
Et me déprend.

Le très lent travail de sable des mots tourmente
Ma table, ce fleuve, ce miroir des noyés
Je suis seul, c’est ici ma blessure patiente
C’est ici que le point au côté veut saigner
Puis ce souffle sur le coteau, ou sur ta tempe
Ce souffle comme un cheveu d’or les soirs d’été
Puis le crépuscule où tu viens dans l’herbe blanche
T’asseoir, puis comme si la nuit était ta hanche
Comme si tu allais venir
Tout ce qui penche
Puis si tu venais
Portant une lampe
Puis si tu m’aimais
Comme lente
Commence
Ici
la vie rêvée

 

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *